Six mois après son arrivée à la tête de la commune, le maire de Pertuis, Aurélien Auclair, a répondu aux questions du Pertuisien.fr. Bilan de ce début de mandat, urbanisme, avenir du Jas de Beaumont, transports, centre-ville, finances et projets à venir : il revient sur les premières actions engagées par son équipe et détaille ses priorités pour la suite du mandat.
Dans cet entretien, le maire évoque également les difficultés rencontrées, les projets qui restent à construire et sa vision pour l’avenir de Pertuis.

Le bilan des six premiers mois
LePertuisien : Quel bilan tirez-vous de ces six premiers mois ?
Aurélien Auclair : La dynamique est là, on le sent, partout où l’on va, nous sommes attendus et nous tâchons de répondre présents. Les équipes municipales sont mobilisées pour porter notre projet, le consensus est large et tous les voyants sont au vert pour aller de l’avant.
Pour prendre la barre du navire, il faut redoubler de combativité au travail et d’une connaissance très précise de dossiers. Ces 1er mois ont été consacrés à agir mais aussi à s’emparer de tous les aspects techniques, apprendre et donner le meilleur de soi-même en s’appuyant sur la meilleure volonté des élus engagés aux côtés d’une municipalité compétente. La route s’ouvre devant nous parce que nous avons la structure, les ressources et les compétences pour mener à bien les projets.
LePertuisien : Qu’est-ce qui vous a le plus marqué depuis votre arrivée à la tête de la commune ?
Aurélien Auclair : C’est clairement le nombre de sollicitations, tout le monde veut voir le Maire, ce qui peut se comprendre. Plusieurs centaines de sms en cours de traitement, plusieurs milliers de mails. On attribue par défaut au Maire, quel qu’il soit, un caractère d’omnipotence et d’omniprésence infondé. La réalité, c’est que les compétences sont justement reparties entre les élus ; c’est ça qui fait la force de l’équipe. Le Maire s’y est engagé, alors il doit être là en personne pour boucher les trous dans la route comme pour mettre sur pied la stratégie financière. Je tiens à remercier toutes les équipes, élus et agents qui sont les artisans du bon fonctionnement de notre mairie, dans toutes ses actions.
Les engagements et les projets de la municipalité
LePertuisien : Quels sont les engagements déjà concrétisés et quels sont ceux qui restent à mettre en œuvre ?
Aurélien Auclair : ENGAGEMENT, c’est la valeur socle, avec celle du TRAVAIL. Bien sûr, parfois il faut s’adapter aux contraintes, modifier la trajectoire en interrogeant ses convictions mais aussi en écoutant ce que les autres peuvent apporter. Amender constamment, bonifier collectivement.
Il y avait les promesses faciles à respecter rapidement : mettre fin au projet immobilier du stade Bonnaud, sanctuariser le Parc au Jas de Beaumont en négociant avec la Métropole, limiter le projet de construction de 1500 logements en le faisant passer à 500.
Il fallait stopper la frénésie de la construction « à tout prix ». Bien entendu, nous devrons construire encore, nous n’avons pas le choix. Les pénalités infligées par l’État pour le manque de logements sociaux sont devenues insupportables pour notre budget, et je ne veux pas augmenter les impôts.
Il y a aussi la proximité, pour laquelle nous nous étions engagés. Je suis un Maire de terrain, directement au contact des Pertuisiennes et Pertuisiens et il en va de même pour toute mon équipe. Mais parce que suis attaché à agir plutôt que parler, j’ai voulu formaliser cette engagement quotidien, c’est pourquoi chaque élu est désormais référent d’un quartier. C’était une promesse forte.
Mais parce que je suis convaincu que des actions de terrains sans vision pour la ville sont vaines, et qu’une vision imposée est de faite erroné, je souhaite associer la population aux projets et au devenir de la ville. Nous venons de lancer un appel pour intégrer nos quatre commissions extra-municipales (sport, santé, transport, transition énergétique) qui permettront à ceux qui souhaitent s’engager pour penser leur ville, de venir travailler avec nous.
La refonte du stationnement avec la modification du zonage et les places dédiées au personnel soignant… tout cela, ce sont des promesses tenues.
Ensuite, il y a toutes les actions de fond que nous avons pu initier et qui seront les marqueurs de notre méthode de travail tout au long du mandat :
- Objectiver la baisse de nos dépenses publiques, service par service, en concertation avec les agents
- Mutualiser les moyens pour faire des économies, vendre le matériel superflu, partager les véhicules
- Recentrer nos services et nos points d’accueil, nous en avons plus de 15 aujourd’hui, sans compter les écoles ! Cela nous coute une fortune.
Il n’est pas question de réduire le service public simplement pour le réduire, il s’agit de choisir la meilleure utilisation possible des finances de la ville pour les Pertuisiens.
Et enfin il y a tous les projets, nos fameux « 114 », qui sont en phase d’étude technique ou de chiffrage : la grande voie verte, l’aménagement et la création des parcs, le centre aéré rassemblé, la ventilation des écoles, le hameau agricole, tout ce projet de territoire que nous venons de sanctuariser grâce à notre service de l’urbanisme et que nous nous efforcerons de déployer pendant le mandat.
LePertuisien : Quelle est la priorité absolue pour Pertuis ?
Aurélien Auclair : Moi qui n’aime pas ça, je vais vous faire une réponse de politique. Tout est prioritaire. A l’échelle de nos petites communes, nous n’avons pas le choix, nous devons être au four et au moulin, c’est le propre de l’élu local. Nous devons faire de Pertuis une ville démocratique dans laquelle on écoute chacun de ses citoyens, une ville vivante avec un centre-ville attractif, une ville humaine au service de ses habitants, et enfin une ville durable qui s’adaptera aux nouveaux enjeux environnementaux et climatiques. Grâce à mon équipe incroyable, nous poussons tout de front.
Le Jas de Beaumont et l’avenir de l’urbanisme
LePertuisien : Quelles sont les conséquences du dossier du Jas de Beaumont ?
Aurélien Auclair : Le Jas, c’est un projet hérité. Il a commencé sous Fructus, a été imaginé sous Borel, multiplié par trois sous Pellenc et sera probablement livré pendant mon mandat.
Pour l’anecdote croustillante, Roger Pellenc avait été élu en 2008 en s’opposant à ce projet, avant d’en devenir le fervent défenseur. Charge à moi de ne pas me laisser emporter par le chant des sirènes.
Ma responsabilité n’est pas de refaire l’histoire mais de déterminer ce qui est le mieux pour le futur de Pertuis.
J’ai envie d’ajouter que la principale conséquence, qui dépasse l’agitation politique et son historique éphémère dans les mémoires, c’est probablement qu’aujourd’hui nous réfléchissons activement à la création d’un parc sur la partie nord du Jas de Beaumont.
LePertuisien : Comment envisagez-vous le logement, l’aménagement et la préservation des espaces naturels ?
Aurélien Auclair : Je pense que nous devons pouvoir loger nos familles et nos enfants. Nous manquons de logements, c’est un constat simple.
Cependant, je pense qu’il faut arrêter de construire n’importe comment. Il s’agit du futur de notre jeunesse pertuisienne. La croissance organique qui ne laisse aucune place aux espaces verts, c’est d’une autre époque.
Ma conviction, c’est que la ville d’aujourd’hui et de demain est une ville qui sait concilier logements, mobilités douces et espaces naturels par ses aménagements.
Mais pour cela, nous devons objectiver un diagnostic, identifier les espaces, lever les barrières administratives et techniques et associer les Pertuisiennes et les Pertuisiens à ces projets.
C’est pourquoi, quand nous construirons, nous le ferons sur des sites déjà connectés aux routes extérieures, pour limiter la surcharge des axes existants. Nous nous assurerons également que les places disponibles dans les écoles soient suffisantes. C’est du bon sens.
Au Jas de Beaumont ou dans le quartier Saint-Roch, ce qui manque, c’est le parc de proximité, le lieu de vie. C’est une demande forte des riverains.
Tous ces lieux de vie, il nous faudra les connecter les uns aux autres par les mobilités douces, pour une ville à vivre.
Mobilité : quelles perspectives pour Pertuis ?
LePertuisien : Quelles améliorations envisagez-vous en matière de mobilité ?
Aurélien Auclair : La mobilité, comme vous le savez, ne relève pas de la compétence du Maire. Cela implique qu’il faut mener un combat de fond avec les autres élus du territoire pour défendre les intérêts de Pertuis, et pour cela il faut pouvoir discuter avec eux. Dans les six premiers mois, j’ai pu solliciter solennellement la réouverture de la ligne Pertuis Cavaillon aux voyageurs avec le Maire de Lauris, j’ai co-signé un courrier avec le Président de Cotelub pour demander au Président de la Région Sud une meilleure desserte de nos territoires, j’ai co-signé la pétition avec le Maire de Mirabeau pour la réouverture de la gare, je travaille avec le Maire de Venelles pour la création du Pôle de transport Pertuis / Venelles / Aix, j’ai demandé au Président de la Métropole la réouverture de la ligne intra Pertuis pour remettre le bus qui va dans la zone, en bref, je suis pleinement mobilisé sur le sujet avec mes collègues et les collectivités du territoire.
Centre-ville : commerces, animations et projets
LePertuisien : Quels sont les projets et les actions prévus pour le centre-ville ?
Aurélien Auclair : D’abord il y a urgence, pour nos commerçants qui souffrent et que l’on n’a pas assez écouté. Comme je leur ai dit, la mairie n’a pas vocation à se suppléer à un commerce qui ne fonctionne pas, mais pour autant, elle doit créer les conditions favorables à son implantation et son exploitation en agissant sur l’espace public.
Vous l’avez vu, nous avons complété l’offre des animations cet été avec des concerts grand public qui ont rencontré un grand succès. C’est cela que les Pertuisiens appellent de leurs vœux, des moments de concorde et de simplicité.
Parce qu’on mesure le dynamisme du centre-ville à ses évènements en faisant du centre-ville une destination en soi. A Pertuis nous avons tous les ingrédients pour faire retrouver à notre centre-ville son âme provençale et je crois qu’il a souvent manqué la bonne recette. La mienne c’est de diagnostiquer, d’essayer et de tenter. Alors, vous allez le voir bientôt mais j’ai demandé à mes équipes de réfléchir à de nouveaux formats d’animations, en collaboration à nos partenaires, qui seront visibles dès le mois de Décembre venant dynamiser notre centre-ville.
Grâce aux Vitrines de Pertuis, et aux porteurs de projets privés, nous allons prochainement ouvrir une supérette de 300 mètres carrés sur la place Jean Jaures. Sur cette même place, le Grand Café Thomas sera confié à un porteur de projet privé qui réalisera lui-même les travaux. Ma conviction c’est que ce n’est pas à la collectivité de payer un million d’euros pour qu’un exploitant privé se rémunère sur l’effort collectif.
J’ai réexaminé les modalités de réalisation du projet dans l’intérêt de la commune mais mon objectif reste le même, faire revivre le Grand Café Thomas et renforcer l’attractivité.
Ensuite nous avons décidé de réorienter les travaux de Diane / Murette vers Mirabeau / Jaurès. Le centre-ville est à l’abandon depuis trop longtemps, nous allons retrouver des esplanades à vivre avec des commerces qui revendiquent l’occupation des places. Nous travaillons déjà sur une charte esthétique pour retrouver la fierté d’être Pertuisien.
Aussi, nous avons réactivé les leviers à notre disposition grâce à la SEMEPA, nous allons racheter notamment le local du LCL sur la place Mirabeau pour y mettre un commerce alimentaire.
Finances municipales : quelles économies à venir ?
LePertuisien : Quelle est votre stratégie concernant les finances de la commune ?
Aurélien Auclair : Le constat il est simple : nous vivons dans un monde ou l’abondance est finie ou le désengagement de l’Etat est une réalité et les difficultés de la Métropole une contrainte supplémentaire. Il nous faut faire des économies sur tous les fronts. Il n’y a désormais plus de petit effort. Nous allons rapidement optimiser notre action en mutualisant les moyens humains techniques et financiers. Nous travaillons d’ores et déjà sur un schéma directeur de l’immobilier qui présentera ses premières conclusions en fin d’année et appellera certainement des choix très structurant pour notre fonctionnement d’ici la fin de l’année 2027. D’ici là, chaque euro compte pour préserver notre capacité à investir dans des projets utiles aux Pertuisiens, sans augmenter inutilement la charge supportée par les contribuables.
Les dossiers les plus complexes
LePertuisien : Y a-t-il un dossier plus difficile que les autres depuis votre arrivée ?
Aurélien Auclair : Comme je vous le disais, le Grand Café Thomas va connaitre un léger ajustement de quelques mois, pour éviter d’exposer les finances publiques. Certains projets, comme le hameau agricole, seront probablement fléchés sur d’autre sites, suivant les opportunités. Ce sont les nécessités de flexibilité de l’action publique, garder le cap tout en adaptant les moyens c’est ma responsabilité. Pour le reste, tout est sur les rails et les six ans qui viennent ne seront pas de trop pour dérouler notre programme ambitieux.
Dans six mois, quels objectifs ?
LePertuisien : Qu’aimeriez-vous avoir accompli dans six mois ?
Aurélien Auclair : J’aimerais avoir commencé un tronçon de la voie verte, avoir lancé le nouveau site internet, avoir déployé l’application de gestion de la relation avec les riverains. J’aimerais avoir déposé toutes les demandes de subventions pour tous nos projets. J’aimerais surtout que les Pertuisiens soient heureux et fiers de leur ville.
LePertuisien : Votre regard sur Pertuis a-t-il évolué depuis votre arrivée à la tête de la commune ?
Aurélien Auclair : Avant les élections, je savais que Pertuis était la plus belle ville du monde, maintenant, j’en suis profondément convaincu.
LePertuisien : Un dernier mot pour conclure ?
Aurélien Auclair : En avant !
